Comment fonctionne-t-il ?

Dans un précédent article, je parlais du revers de l’amaigrissement par chirurgie, concernant les méthodes dites classiques de l’anneau gastrique et du by-pass entre autres.

Il se trouve qu’une nouvelle méthode vient d’être validée pour être commercialisée au sein de l’Union Européenne.
En effet, un appareil appelé « pacemaker gastrique » pour son fonctionnement proche de stimulateur cardiaque, tromperait l’estomac et le cerveau grâce à des impulsions électriques qui court-circuite leur système de communication, donnant ainsi une sensation de rassasiement dès que le porteur mange ou boit.

Ses avantages

Mis au point par le fabricant américain Intrapace, cet appareil aurait déjà été testé sur 65 personnes au cours d’études ayant montré une perte entre 10 et 20% du poids de départ en moins d’un an, et pour l’instant sans reprise.

Cet appareil, en plus de ses faibles effets secondaires (à part ceux habituellement liés à une intervention chirurgicale) par rapport aux autres méthodes, présente l’avantage pour le patient d’avoir un suivi de son alimentation et de son activité grâce à son détecteur. En plus de cette implication du patient, qui devient alors moins passif par rapport aux méthodes classiques, le fabricant a mis à la disposition des utilisateurs un réseau en ligne lui permettant de trouver du soutien au sein d’une communauté virtuelle.
Il présente également l’avantage de n’être pas être irréversible puisque sa pile ne dure que 5 ans et laisse ainsi le choix au patient de continuer ou pas à être aidé par une machine, ou de continuer par lui-même.

Ses inconvénients (souvent propre aux méthodes chirurgicales)

Cette méthode apporte donc quelques nouveautés et présentent quelques avantages.  Cela n’enlève en rien l’inconvénient (déjà souligné précédemment) qui persiste dans toutes ces méthodes qui en permettant un amaigrissement important et rapide, provoquent à la fois un bouleversement psychologique et la libération de polluants néfastes dans le corps.

De plus, comme le souligne Maria Cheng de Passeportsanté.net en reprenant l’avis de certains experts, cette méthode s’attaque à la sensation de faim et non aux causes plus profondes à l’origine d’une hyperphagie. En effet, même si les porteurs apprennent à réduire leur ration alimentaire, ils restent passifs et dépendants vis-à-vis de la machine. Comme les autres méthodes, il aide normalement à se défaire de comportements alimentaires néfastes afin d’en apprendre de nouveaux plus sains.
Mais une fois seul face à lui-même et à sa sensation de faim naturelle, si le patient décide de continuer seul, il doit de nouveau s’adapter et adapter son comportement à la réapparition de la sensation de faim, certainement plus présente, et la gérer seul. Cela sera plus ou moins difficile selon son degré de responsabilisation dans l’amaigrissement. C’est en cela que le suivi des progrès apporte un plus par rapport aux autres méthodes mettant à disposition du porteur une prise de conscience de l’impact de ses différents comportements.

Mais certains médecins connaissant le pacemaker soulignent que, comme pour les autres méthodes, il y aura toujours pour le patient un moyen de contourner le système et ainsi limiter la perte de poids. Cette possibilité de court-circuit met en évidence le fait que l’appareil ne s’attaque qu’à la sensation de faim et non aux motivations plus profondes qui peuvent pousser un individu à avoir un comportement alimentaire néfaste, indépendamment de ce que lui impose ou des limites que lui met son organisme.
Ainsi puisque qu’on peut manger pour combler bien plus qu’une sensation physique, il n’est pas compliqué de faire abstraction d’une impression de satiété pour manger dès que le besoin psychologique se fait sentir. Le pacemaker gastrique devient alors presque inutile.

Enfin à cela s’ajoute un argument purement mathématique et financier mettant en évidence le coût élevé de cette méthode (24 000$ US, soit 17 000€) par rapport aux bénéfices apportés en terme de perte de poids.

Bilan

L’arrivée de cette nouveauté dans le traitement de l’obésité est donc une bonne nouvelle à modérer, notamment lorsqu’on resitue la question de l’amaigrissement dans la globalité d’un individu, mais aussi de ses causes et de ses conséquences.
Cependant, cela peut avoir l’avantage de mettre en évidence la voie à prendre dans ce qu’elle apporte de nouveau (suivi des progrès, début de responsabilisation du patient, création d’une communauté soutenante) mais aussi dans ses défauts (en s’attaquant la dimension psychologique de l’hyperplasie, à l’engagement du patient dans la démarche d’amaigrissement).

Sources : Passeportsanté.net.